Leïla Ka, la théâtralité du mouvementFocus sur une artiste d'envergue internationale, en résidence à Malakoff
Matthis Vandermeulen
Leïla Ka, la théâtralité du mouvement
Figure incontournable de la scène française et internationale, Leïla Ka, danseuse et chorégraphe, est artiste associée à Malakoff scène nationale. Révélée au grand public grâce à ses créations pour la cérémonie des César 2025 (appelée par Cédric Klapisch) ou pour Beyoncé dont elle a chorégraphié une partie du dernier spectacle, elle mène un parcours éclatant à seulement 34 ans.
Sa dernière création Maldonne, s’est jouée plus de 160 fois dans le monde entier (Japon, Etats-Unis, Europe), et les récents extraits de la pièce publiés sur Instagram comptent désormais quelques 19 millions de vue. Sur scène, cinq danseuses et une quarantaine de robes composent une fresque vibrante autour des identités féminines. Entre colère, joie, vulnérabilité et puissance collective, la pièce explore les injonctions faites aux femmes tout en célébrant la solidarité et la liberté des corps. Le spectacle a été présenté début mai aux Gémeaux scène nationale (Sceaux), offrant au public de Vallée Sud – Grand Paris l’occasion de découvrir une artiste dont l’univers, à la fois populaire et exigeant, bouscule les frontières entre danse contemporaine et culture grand public.
Originaire de Saint-Nazaire, Leïla Ka découvre d’abord la danse à travers le hip-hop et les pratiques urbaines. Sans passer par les grandes écoles, elle forge une écriture instinctive et physique, nourrie autant par l’énergie de la rue que par le théâtre. Sa démarche n’est pas conceptuelle, affirme-t-elle, elle est « théâtrale » à l’instar de celle de Maguy Marin avec laquelle elle débute à l’âge de 16 ans ; engagée comme interprète dans May B, Leïla Ka y apprend la « rigueur du geste » et la puissance dramatique du mouvement.
Pour Leïla Ka, les danseurs sur scène sont ses « personnages, qui ont tous quelque chose à dire mais qui ne parlent pas » et qui s’expriment donc par la danse. Son inspiration : « la vie quotidienne, les choses vécues, par mes sœurs, par mes amies : l’amitié, la joie, la colère, l’amour et les injustices ».
Leïla Ka a présenté tous ses spectacles à Malakoff : Maldonne en 2023-2024, Pode ser et C’est toi qu’on adore en 2022-2023. Installée dorénavant à la scène nationale de Malakoff en tant qu’artiste associée, Leïla Ka y prépare sa prochaine création Lulluby shot, co-produite par Malakoff scène nationale. Huit danseuses seront au plateau, en talons, mais « elles n’auront pas la posture que l’on attend avec des talons : bassins en avant, jambes fléchies », pour « détourner l’objet, le transformer afin de casser la verticalité exigée par le port des talons ». Les talons et l’inconfort que leur port exigent, injonction faite aux femmes que l’artiste pointe du doigt (c’était également le cas avec Maldonne, où quarante robes choisies avec soin par Leïla Ka faisaient symbolisaient les rapports de domination). La chorégraphe ouvrira la saison artistique de Malakoff scène nationale avec un grand spectacle dansé où se mêleront amateurs et professionnels, sur la place du 11 novembre à Malakoff le 25 septembre à 20h.
Allez voir :
Lulluby Shot 13, 14 et 15 janvier 2027 à Malakoff scène nationale, en co-réalisation avec le Festival Faits D’Hiver