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Cinémas, y a-t-il encore du popcorn dans la salle ?L'inquiétude de Leonardo DiCaprio (et la nôtre)

Cinémas, y a-t-il encore du popcorn dans la salle ?

Getty Images

Depuis la Covid-19, l'essor du streaming et des plateformes, les salles obscures pâtissent d'une chute de fréquentation féroce, qui a engendré la fermeture de plusieurs salles historiques parisiennes. Le Bretagne, le Miramar et moult autres salles ont mis la clef sous la porte. Quelle place pour l'expérience collective qu'est le cinéma dans cette rapide mutation technique ?

Que reste-t-il des salles obscures ?

La star de Titanic déplore, dans un récent entretien donné au Times, la chute de fréquentation des cinémas dans un contexte de foisonnement et sursaturation des contenus proposés, que ce soit par les plateformes telles que Canal + et Netflix, ou via les contenus très courts prodigués par les réseaux sociaux sur smartphone. Quelle place peut avoir le cinéma, valorisé pour l'expérience collective qu'il représente dans un tel contexte ? L'acteur rappelle en effet que la poéticité du cinéma est sa réelle singularité. Le cinéma est non seulement l'acte de visionnage d'un film, mais surtout l'expérience collective qui consiste à sortir de chez soi pour aller s'installer dans une salle plongée dans le noir, aux côtés d'autres comparses, et de faire silence pour accueillir, voir, apprécier la vision d'un grand metteur en scène sur grand écran. Où trouver cette poéticité quand beaucoup attendent aujourd'hui qu'un film sorte sur Netflix pour le regarder ? Cette vision quasi sacrée de l'expérience cinématographique rappelle la réflexion de Roland Barthes sur le cinéma dans Mythologies. Les cinémas sont-ils voués à disparaître comme le craint DiCaprio ou bien vont-ils devenir des endroits de niches comme les clubs de jazz ?

2025, triste année pour le cinéma

Le constat est en effet catastrophique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2025, la fréquentation en salle a dévissé de près de 15% par rapport à 2024, baisse qui touche cinémas privés et municipaux. Les salles subissent de grosses dettes qui ne cessent de se creuser depuis l'épidémie de 2019, la crise de l'inflation et la perte du public. En trois décennies, seize cinémas ont fermé rien que sur les Champs-Elysées à Paris. A Montparnasse, les salles emblématiques telles que le Bretagne et le Miramar ont elles aussi mis la clef sous la porte.

Plateformes, smartphone et compagnie

Si la cause est plurifactorielle (hausse du prix du ticket, multitudes de contenus...), la mutation du mode de "consommation" culturelle reste la principale raison de ce déclin. Le streaming, la VOD et les plateformes se sont imposés comme un raz-de-marée, concurrençant le cinéma sur les contenus proposés (certaines plateformes proposent même du linéaire, à savoir une programmation de chaîne en direct !) et sur le modique coût que cela représente. Pour Marie-Christine Desandré (Présidente des cinémas privés indépendants CINEO), les séries rivalisent en qualité, proposant d'excellents scénarios contrairement à certains films en salles. « Non seulement les comédiens de cinéma s’y précipitent mais la qualité d’écriture des séries s’améliore, comme la psychologie des personnages. Ce qui manque au cinéma ». Enfin, les petits écrans se sont imposés au détriment des salles et de la télévision, avec l'avènement du smartphone, ce qui se traduit par une claire désaffection des cinémas par les adolescents préférant utiliser cet outil.

Comme Leonardo DiCaprio, nous ne pouvons qu'espérer que la vision d'un grand auteur / metteur en scène vienne rendre le cinéma désirable à nouveau aux yeux des usagers.